{"id":1792,"date":"2022-04-29T11:15:19","date_gmt":"2022-04-29T09:15:19","guid":{"rendered":"https:\/\/memetemps.fr\/domtourelles\/?p=1792"},"modified":"2022-05-31T11:17:42","modified_gmt":"2022-05-31T09:17:42","slug":"la-voie-la-verite-et-la-vie-1-la-voie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/2022\/04\/29\/la-voie-la-verite-et-la-vie-1-la-voie\/","title":{"rendered":"P\u00e2ques 2022 &#8211; \u00ab\u00a0La Voie, la V\u00e9rit\u00e9 et la Vie\u00a0\u00bb 1- <\/P>La Voie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<p><strong>\u00ab La Voie, la V\u00e9rit\u00e9 et la Vie \u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00ab <em>Je suis la Voie, la V\u00e9rit\u00e9, la Vie <\/em>\u00bb (Jn 14,6), tel est le th\u00e8me de notre s\u00e9rie de conf\u00e9rences pendant la c\u00e9l\u00e9bration du myst\u00e8re du salut, les trois jours o\u00f9 nous faisons m\u00e9moire de la passion, de la mort et de la r\u00e9surrection de J\u00e9sus. Cette parole a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e lors du dernier discours de J\u00e9sus \u00e0 ses disciples apr\u00e8s le repas qui a commenc\u00e9 par le geste de J\u00e9sus lavant les pieds de ses disciples \u2013 r\u00e9sumant par ce geste sa mission et le donnant en testament pour ses disciples. Notre r\u00e9flexion pendant ces jours sera donc une introduction \u00e0 la fois au myst\u00e8re du salut accompli par J\u00e9sus (pour mieux participer \u00e0 l\u2019action liturgique) et une r\u00e9flexion sur notre existence et nos engagements pour la venue du R\u00e8gne de Dieu. Le plan est tr\u00e8s simple : les trois termes \u00ab voie, v\u00e9rit\u00e9 et vie \u00bb seront scrut\u00e9s dans leur double dimension : ce qu\u2019a v\u00e9cu J\u00e9sus et ce que nous vivons.<\/p>\n<p>1. La voie : R\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel de Dieu et marcher \u00e0 la suite de J\u00e9sus<\/p>\n<p>2. La v\u00e9rit\u00e9 : T\u00e9moigner et rendre t\u00e9moignage \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9<\/p>\n<p>3. La vie : Devenir enfant de Dieu et accomplir toute justice<\/p>\n<p>Les expos\u00e9s et analyses qui suivent sont \u00e9crits dans une perspective de m\u00e9ditation. S\u2019il y a un enracinement dans le texte des \u00c9vangiles, ce ne sera pas une \u00e9tude d\u2019ex\u00e9g\u00e8se. Certes, il est impossible de ne pas en faire, mais ce ne sera qu\u2019un point d\u2019appui pour une d\u00e9marche diff\u00e9rente qui a le souci d\u2019aider \u00e0 vivre le pr\u00e9sent : vivre dans la foi, donc en prenant la parole de J\u00e9sus pour ce qu\u2019il est dans l\u2019\u00e9vangile de Jean. Lors du dernier repas, J\u00e9sus prend la parole et s\u2019adresse \u00e0 ses disciples dans un long discours, au cours duquel il dit : \u00ab Je suis la voie, la v\u00e9rit\u00e9, la vie \u00bb. (Jn 14, 6 : <em>eg\u00f4 eimi h\u00ea odos, kai h\u00ea al\u00eatheia, kai h\u00ea zo\u00ea<\/em>). Comme J\u00e9sus parle de lui-m\u00eame, chaque m\u00e9ditation devra s\u2019enraciner dans la vie de J\u00e9sus. Ainsi notre r\u00e9flexion assumera une exigence de marcher \u00e0 la suite du Christ ; ce sera une m\u00e9ditation sur \u00ab l\u2019imitation de J\u00e9sus-Christ \u00bb.<\/p>\n<p><strong>I. La voie <\/strong><\/p>\n<p>En France, le mot \u00ab voie \u00bb n\u2019est pas inconnu dans l\u2019\u00e9tude des religions. Il est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans la culture occidentale depuis que le Bouddhisme est pr\u00e9sent dans la culture moderne. Depuis bient\u00f4t deux si\u00e8cles, la relation entre les religions des Indes et la culture europ\u00e9enne est un \u00e9l\u00e9ment important de la philosophie europ\u00e9enne \u2013 avec en premier lieu l\u2019\u0153uvre de Schopenhauer. Ce philosophe a marqu\u00e9 la tradition romantique de sa personnalit\u00e9 avec son ma\u00eetre livre : <em>Le Monde comme volont\u00e9 et repr\u00e9sentation<\/em>. Repr\u00e9sentation par la science moderne, mais aussi volont\u00e9 comme pr\u00e9sence fondatrice d\u2019un vouloir \u00eatre qui surmonte des ab\u00eemes. Elle croise une autre tradition philosophique : celle qui est marqu\u00e9e par Kierkegaard, qui r\u00e9agit \u00e0 la fois contre le mat\u00e9rialisme et contre l\u2019id\u00e9alisme. Elle insiste sur ce qui est v\u00e9cu par le sujet humain qui passe les \u00e9tapes de la vie, dans la souffrance, le combat et les travers\u00e9es de l\u2019obscur, redonnant ainsi une dimension universelle aux expressions de la vie spirituelle et une exigence de \u00ab v\u00e9rit\u00e9 v\u00e9cue \u00bb &#8211; au-del\u00e0 des concepts et des images. C\u2019est dans cet h\u00e9ritage que la notion de voie a retrouv\u00e9 ses lettres de noblesse. Elle n\u2019est pas seulement pratique ; elle est mani\u00e8re d\u2019\u00eatre dans le domaine de la vie religieuse et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la foi.<\/p>\n<p>Je commencerai donc par un propos anthropologique sur l\u2019exp\u00e9rience humaine. Puis dans un deuxi\u00e8me temps, je consid\u00e8rerai la parole de J\u00e9sus \u00ab Je suis la voie \u00bb, avant d\u2019en tirer des le\u00e7ons pour notre vie chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p><strong><em>1. L\u2019exp\u00e9rience humaine <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>1.1. Une image <\/strong><\/p>\n<p>Je prendrai comme point de d\u00e9part un usage du mot \u00ab voie \u00bb qui exprime la noblesse du terme : le chemin du montagnard. Avant de prendre la route pour ce que l\u2019on appelle une \u00ab course \u00bb &#8211; car le temps presse et, m\u00eame par beau temps, l\u2019orage menace, il faut faire vite &#8211; il faut aussi \u00e9tudier l\u2019itin\u00e9raire. L\u2019alpiniste regarde le sommet, les parois, les combes et les falaises ; il discerne les possibilit\u00e9s ; il mesure les difficult\u00e9s ; il \u00e9value les passages et leurs encha\u00eenements. Ce faisant, il choisit ce que l\u2019on appelle une voie. Cette voie est \u00e0 vivre dans l\u2019invention constante, car la vision de loin ne suffit pas ; il y a toujours place pour l\u2019impr\u00e9vu. C\u2019est universel !<\/p>\n<p>Tel est le sens premier du terme dans l\u2019exp\u00e9rience humaine : aller de l\u2019avant, aller au but (un sommet) et pour cela emprunter une voie : trouver le chemin le meilleur compte tenu de ses possibilit\u00e9s et de ses forces. Le mot \u00ab voie \u00bb dit alors ce qui est ouvert. La voie est donc premi\u00e8re : elle est donn\u00e9e. Elle est une disposition de l\u2019espace qu\u2019il faut suivre. C\u2019est un donn\u00e9 pr\u00e9alable. Attention ! Ce donn\u00e9 est re\u00e7u. Il est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, mais pour arriver au sommet, il importe de le prendre, car hors de ce chemin, le sommet \u00e0 atteindre n\u2019est pas accessible. La voie est donc aussi le parcours qui est v\u00e9cu. Cet exemple a valeur universelle. Il s\u2019inscrit dans ce qui est sp\u00e9cifique en humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>1.2. Le propre de l\u2019humain <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019emploi du mot \u00ab voie \u00bb ouvre sur une dimension universelle. L\u2019anthropologie nous l\u2019enseigne. L\u2019expression est li\u00e9e \u00e0 la vie dont le premier acte est la naissance, la venue au monde. Or nous savons que dans le monde des vivants, les humains sont les \u00eatres les plus fragiles. En effet, les animaux qui viennent au monde sont plus aptes \u00e0 ce que les scientifiques appellent la \u00ab survie \u00bb. Ils ont en eux-m\u00eames, inscrits dans le syst\u00e8me nerveux central, les \u00e9l\u00e9ments qui leur permettent tr\u00e8s rapidement de surmonter les d\u00e9fis de la vie. Tr\u00e8s vite, un petit animal peut r\u00e9pondre aux d\u00e9fis de la survie. Il n\u2019est pas de m\u00eame pour \u00ab l\u2019animal humain \u00bb. Les \u00eatres humains doivent faire leur chemin par eux-m\u00eames par un long temps d\u2019apprentissage. Mais en ce chemin, ils se construisent eux-m\u00eames et ils ont la responsabilit\u00e9 de la r\u00e9alisation de potentialit\u00e9s latentes mais qui seront renouvel\u00e9es, car elles sont le possible d\u2019autre possibles &#8211; c\u2019est cela qui fait l\u2019humanit\u00e9, son ouverture sur la \u00ab culture \u00bb.<\/p>\n<p>Pour un \u00eatre humain, une voie est ouverte : un chemin \u00e0 faire qu\u2019il est le seul \u00e0 pouvoir faire et o\u00f9 on avance seul. La racine est dans le fait que la pens\u00e9e n\u2019est pens\u00e9e humaine que s\u2019il y a libert\u00e9 de penser. Telle est la voie en humanit\u00e9 : un chemin que l\u2019on fait.<\/p>\n<p>Le terme de \u00ab voie \u00bb dit donc la condition humaine, d\u2019un vivant qui a la responsabilit\u00e9 de soi. Le terme m\u00e9rite attention, car il se pr\u00e9sente comme ce qui est \u00e0 la racine et que l\u2019on ne peut enfermer dans une case toute faite : une comp\u00e9tence, une qualification, une r\u00e9alisation&#8230;<\/p>\n<p>Le mot \u00ab voie \u00bb dit non seulement le chemin trac\u00e9, mais le mouvement de celui qui avance, qui habite le chemin et qui, d\u2019une certaine mati\u00e8re, le transcende en disant le mouvement. C\u2019est pourquoi, dans la trilogie de notre m\u00e9ditation, J\u00e9sus met la voie (le chemin) en s\u00e9rie avec la v\u00e9rit\u00e9 et la vie et \u00e0 la premi\u00e8re place.<\/p>\n<p>La notion de \u00ab voie \u00bb dit que tout \u00eatre humain qui vient au monde se trouve devant un chemin qui n\u2019est pas trac\u00e9 d\u2019avance. Certes, tel p\u00e8re tel fils ! Mais l\u2019\u00e9ducation n\u2019est pas du dressage, c\u2019est une formation qui permet une affirmation de soi dans des \u00e9v\u00e9nements impr\u00e9visibles. Elle signe qu\u2019en humanit\u00e9 personne ne peut se substituer \u00e0 un autre. La voie est le chemin de la naissance.<\/p>\n<p><strong>1.3. La personne <\/strong><\/p>\n<p>Si le terme de \u00ab voie \u00bb dit ce qui rel\u00e8ve du \u00ab propre de l\u2019homme \u00bb et le distingue du monde animal r\u00e9gl\u00e9 par des instincts o\u00f9 il est \u00e0 la fois en s\u00e9curit\u00e9 et en position de force, il doit assumer cette ouverture. Il se distingue donc d\u2019un terme qui joue un r\u00f4le majeur \u2013 tant dans la soci\u00e9t\u00e9 que dans la religion \u2013 le terme de loi. Parler de voie, c\u2019est employer un terme qui prend ses distances vis-\u00e0-vis de la Loi. Attention cependant \u00e0 ne pas jouer sur les mots.<\/p>\n<p>La voie n\u2019est pas la ligne droite qui va d\u2019un point \u00e0 un autre en toute s\u00e9curit\u00e9 g\u00e9om\u00e9triquement d\u00e9finie. Elle est ce qui se confronte \u00e0 l\u2019obstacle et surtout \u00e0 l\u2019impr\u00e9vu. L\u2019image de l\u2019alpiniste qui rencontre ce qu\u2019il ne pouvait pas pr\u00e9voir quelle que soit la finesse de ses observations reste une bonne image.<\/p>\n<p>Cette impr\u00e9visibilit\u00e9 est exprim\u00e9e par la reconnaissance que l\u2019\u00eatre humain est une personnequi transcende sa situation biologique, familiale, sociale, professionnelle&#8230; Reconna\u00eetre cette ouverture\/aventure, c\u2019est aller au plus radical de la condition humaine, ce qui advient lorsqu\u2019un enfant vient au monde.<\/p>\n<p><strong>1.4. L\u2019\u00e9preuve <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019enfant qui vient au monde rencontre une situation que l\u2019on peut appeler \u00ab d\u00e9tresse \u00bb. Je reprends sur ce point la d\u00e9marche radicale de Maurice Bellet1. Ses besoins ne sont pas satisfaits imm\u00e9diatement par une r\u00e9gulation inscrite dont le cordon ombilical est le symbole. Si personne ne vient \u00e0 lui, il n\u2019aura rien. De lui-m\u00eame, il ne peut rien. Il a faim et cela n\u2019attend pas. Je note que ce n\u2019est pas d\u2019aujourd\u2019hui et que dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 la famine est le fl\u00e9au le plus radical, source de mort directement mais aussi indirectement par la guerre, la migration des peuples&#8230; La faim est ici la racine. Car en humanit\u00e9 la r\u00e9ponse au nouveau-n\u00e9 qui appelle n\u2019est pas que nourriture et alimentation, elle est pr\u00e9sence humaine. Elle est pr\u00e9sence dans la tendresse.<\/p>\n<p>Ainsi, il est \u00e9clairant d\u2019opposer tendresse et d\u00e9tresse. La d\u00e9tresse humaine n\u2019est pas seulement le manque de nourriture contre la faim, de v\u00eatement contre le froid, de maison contre l\u2019intemp\u00e9rie&#8230; mais de pr\u00e9sence humaine. Le petit d\u2019homme gorg\u00e9 de nourriture et de soin, s\u2019il est priv\u00e9 d\u2019amour, n\u2019adviendra pas \u00e0 sa richesse d\u2019humanit\u00e9 potentielle. Il peut en mourir ou h\u00e9las vivre une vie sans humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette richesse doit se donner g\u00e9n\u00e9reusement et sans compter par la pr\u00e9sence. Tout le malheur du monde est dans le manque de pr\u00e9sence. Derri\u00e8re toute l\u2019agitation du monde, il y a la faim de la pr\u00e9sence d\u2019autrui. Cette faim n\u2019a pas de fin ! On le voit dans notre monde o\u00f9 les adultes se comportent comme des enfants qui cherchent \u00e0 satisfaire une faim qui ne se r\u00e9alise pas dans l\u2019abondance de leur consommation de rencontres, d\u2019affaires, d\u2019id\u00e9es, d\u2019\u00e9rotisme ou de loisirs&#8230; Car il faut pour que la vie soit heureuse non seulement qu\u2019il y ait du pain sur la table et tout ce que symbolise le pain comme moyen de vivre, mais aussi il faut une parole qui soit une pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>C\u2019est cette faim que symbolise la Voie. C\u2019est pour cette raison que le terme est premier dans le monde des religions. Il n\u2019est pas inutile d\u2019avoir cela \u00e0 l\u2019esprit quand on lit l\u2019\u00e9vangile de Jean.<\/p>\n<p><strong><em>2. \u00ab Je suis la voie \u00bb <\/em><\/strong><\/p>\n<p>J\u00e9sus dit \u00ab Je suis la voie \u00bb. Il dit \u00ab Je suis \u00bb. Il ne dit pas : \u00ab Je vous montre la voie \u00bb ou \u00ab Je vous ouvre un passage \u00bb ; ni m\u00eame, la formule minimale : \u00ab Je vous donne une Loi \u00bb (comme Mo\u00efse). L\u2019important est de bien noter ce \u00ab Je suis \u00bb. Toute lecture de l\u2019\u00e9vangile de Jean montre l\u2019importance de cette expression qui est un des fondements de la confession de foi en J\u00e9sus sauveur. Mais ce serait maladroit de passer directement \u00e0 la formule, si exacte soit-elle, si elle ne repose pas sur ce qui est v\u00e9cu et sur la pr\u00e9sence qui advient.<\/p>\n<p>1 Maurice BELLET, <em>La Voie<\/em>, Paris, Seuil, 1982. Le propos est celui d\u2019un accompagnant de personnes en grande d\u00e9tresse quant au sens de leur vie, de leur d\u00e9sir de perfection et des souffrances li\u00e9es \u00e0 leur vocation religieuse \u2013 entendons le sens de l\u2019absolu.<\/p>\n<p>Ici comme en d\u2019autres expressions analogues, typiques du style de saint Jean, il faut donner un contenu \u00e0 partir de ce dont l\u2019\u00e9vang\u00e9liste a \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin et s\u2019est fait le rapporteur \u2013 comme il le dit dans les derniers mots de son livre. L\u2019image de la Voie demande \u00e0 \u00eatre enracin\u00e9e dans ce que J\u00e9sus a fait, les actes qu\u2019il a pos\u00e9s au vu et su de ses disciples et des foules, sur les routes, dans les villes et \u00e0 J\u00e9rusalem dans le Temple. Pour cela ; il est \u00e9clairant de parcourir \u00e0 grands pas ce que rapporte l\u2019\u00e9vangile de Jean.<\/p>\n<p><strong>2.1. Une nouvelle cr\u00e9ation <\/strong><\/p>\n<p>Tout le monde s\u2019accorde \u00e0 voir deux grandes parties dans l\u2019\u00e9vangile de Jean. Du chapitre 1 \u00e0 12, se d\u00e9ploie un r\u00e9cit scand\u00e9 par le compte-rendu de ce que Jean appelle \u00ab signe \u00bb (que d\u2019autres appellent miracle, prodige ou acte de puissance). Les signes sont rapport\u00e9s selon une gradation. Elle est patente, puisqu\u2019elle va du changement de l\u2019eau en vin \u00e0 la sortie de Lazare hors du tombeau. \u00c0 chaque \u00e9tape, on va plus profond dans ce qui fait que la vie est vie.<\/p>\n<p>Cette gradation a une signification th\u00e9ologique : Jean construit le r\u00e9cit de l\u2019activit\u00e9 de J\u00e9sus sur le rythme du r\u00e9cit de la cr\u00e9ation de la Gen\u00e8se. Ce ne sont plus les actes de la cr\u00e9ation allant l\u2019informe \u00e0 l\u2019humanit\u00e9, mais des actes d\u2019une nouvelle cr\u00e9ation par l\u2019av\u00e8nement d\u2019une humanit\u00e9 nouvelle. L\u2019\u00e9chelle commence par la nourriture : l\u2019eau et le vin \u00e0 Cana, le pain dans le D\u00e9sert. Il y a une gradation dans les gu\u00e9risons : de la fi\u00e8vre d\u2019un enfant \u00e0 la sortie du tombeau de Lazare en passant par un paralytique et un aveugle-n\u00e9. Le parall\u00e8le avec la cr\u00e9ation est clair : comme dans le r\u00e9cit de la cr\u00e9ation, le lecteur gravit l\u2019\u00e9chelle de la complexit\u00e9. Celle-ci va du seuil de la vie (le mariage) \u00e0 la victoire sur la mort.<\/p>\n<p>Ainsi lorsque J\u00e9sus dit qu\u2019il est la voie, ses disciples qui ont \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins (et les collaborateurs) de son action donnent un sens concret \u00e0 cette expression. Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un concept abstrait, mais de ce qui r\u00e9pond \u00e0 la d\u00e9tresse des humains et ouvre sur la vie \u00e9ternelle.<\/p>\n<p><strong>2.2. Une voie ouverte <\/strong><\/p>\n<p>Dans les signes que fait J\u00e9sus, il y a toujours une r\u00e9ponse \u00e0 une attente. J\u00e9sus r\u00e9pond \u00e0 ce que nous avons vu \u00e0 propos de la d\u00e9tresse. Dans les gu\u00e9risons de J\u00e9sus, il y a toujours un corps gu\u00e9ri ou pris en charge. Or ce qui appara\u00eet, c\u2019est que le corps est plus que le corps.<\/p>\n<p>Ainsi lorsque J\u00e9sus change l\u2019eau en vin, il le fait discr\u00e8tement. Il n\u2019en fait pas un signe pour retenir l\u2019attention de toute la noce. En sont t\u00e9moins des serviteurs qui n\u2019ont pas la parole au cours des c\u00e9l\u00e9brations du mariage. Seuls les disciples savent ce quoi il s\u2019agit. Au lecteur, instruit par les disciples, le geste parle. J\u00e9sus ne donne pas du vin pour le plaisir de boire le meilleur des vins ; il donne g\u00e9n\u00e9reusement du vin pour que le festin des noces soit \u00e0 la hauteur de ce qui est esp\u00e9r\u00e9 par les amis de sa famille (puisque c\u2019est Marie qui est la premi\u00e8re invit\u00e9e). Nous voyons J\u00e9sus mettre en \u0153uvre une exigence fondamentale de l\u2019acc\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9. En humanit\u00e9, nos demandes ne sont pas r\u00e9duites \u00e0 ce qui remplit l\u2019estomac, assure le confort ou ouvre \u00e0 des plaisirs. Elle est une demande de reconnaissance. C\u2019est la faim d\u2019une vie r\u00e9alisant un projet d\u2019humanit\u00e9. Cette faim non reconnue est la source de tant de fureurs et de rages qui sont \u00e0 l\u2019origine de tant d\u2019oppressions et d\u2019humiliations ! La faim de reconnaissance, la faim d\u2019amour sont les sources des violences par lesquelles, le d\u00e9sir de reconnaissance s\u2019affirme sans pouvoir \u00eatre satisfait, puisque la r\u00e9ponse n\u2019est jamais la bonne.<\/p>\n<p>Ce qui nourrit l\u2019humanit\u00e9 c\u2019est l\u2019amour dont l\u2019action de J\u00e9sus est le signe. Le bienfait corporel sans une parole de vie est vain. Ainsi dans le r\u00e9cit de la gu\u00e9rison du paralytique, lorsque l\u2019homme gu\u00e9ri le rencontre, J\u00e9sus le met en garde contre le p\u00e9ch\u00e9 (Jn 5,14) \u2013 on ne sait lequel. Cette discr\u00e9tion permet l\u2019ouverture sur toutes les situations. On voit donc un propos universel sur la vie. Cet homme marche ; d\u00e9sormais la question qu\u2019il se pose est celle de la voie : o\u00f9 aller ? Quelle sera la voie \u00e0 prendre ? Le r\u00e9cit ne dit pas ce qu\u2019a fait cet homme avant d\u2019\u00eatre malade&#8230; On sait seulement que son d\u00e9sir de vivre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par une faute. La parole de J\u00e9sus, li\u00e9e \u00e0 un acte est donc un espace ouvert pour reconna\u00eetre en cet homme le destin de beaucoup \u2013 le n\u00f4tre et celui de nos proches.<\/p>\n<p>La gu\u00e9rison faite par J\u00e9sus n\u2019est pas seulement une bonne action. Elle est ce qui ouvre la voie pour une vie vraiment humaine. Elle est corr\u00e9lativement une manfestation de l\u2019identit\u00e9 de J\u00e9sus.<\/p>\n<p><strong>2.3. Le lavement des pieds <\/strong><\/p>\n<p>Pour comprendre la parole du \u00ab Discours apr\u00e8s la C\u00e8ne \u00bb, il faut voir la situation de J\u00e9sus au moment o\u00f9 il parle. Il est celui qui a fait le geste inou\u00ef du lavement des pieds. C\u2019est \u00e0 la lumi\u00e8re de ce geste que nous comprenons les paroles de J\u00e9sus et nous refaisons le chemin de ceux qui l\u2019\u00e9coutent. Nous devons r\u00e9aliser le geste de J\u00e9sus accompagn\u00e9 d\u2019une parole d\u2019institution. \u00ab <em>Si donc je vous ai lav\u00e9 les pieds, moi, le seigneur et ma\u00eetre, vous aussi vous devez les uns les autres vous laver les pieds. C\u2019est un exemple que je vous ai donn\u00e9 pour que, comme je vous ai fait, vous aussi fassiez <\/em>\u00bb (Jn 13, 14-15)<\/p>\n<p>Le geste de J\u00e9sus est un geste d\u2019humble service. Rien de spectaculaire comme dans les signes pr\u00e9c\u00e9dents que l\u2019on peut qualifier de \u00ab merveille \u00bb (ou miracle). Mais quelque chose qui a cependant valeur de r\u00e9v\u00e9lation et de fondation puisque J\u00e9sus demande \u00e0 ses disciples de faire ce qu\u2019il a fait lui au seuil du repas qui fait la fraternit\u00e9. En qualifiant son geste d\u2019exemple et de commandement, J\u00e9sus montre une voie. Plus ! par son exemple, il ouvre la voie.<\/p>\n<p>La voie est soin du corps. Elle aime le corps en sa fragilit\u00e9. Elle ne le m\u00e9prise pas, m\u00eame si la beaut\u00e9 du corps est malmen\u00e9e, voire d\u00e9truite.<\/p>\n<p>Le corps est honor\u00e9 dans ce qu\u2019il est. La philosophie moderne (personnaliste ou autre) sait rendre honneur \u00e0 ce qui fait le corps : pr\u00e9sence, parole, visage, parole. Corps singulier et unique. Cette estime n\u2019est pas abolie dans la douleur, dans la vieillesse, dans l\u2019abjection. Donner priorit\u00e9 \u00e0 cette exigence ce n\u2019est en rien manifester du m\u00e9pris pour la m\u00e9decine et la science ; c\u2019est un rappel qu\u2019il faut plus que la chimie ou la m\u00e9canique pour que l\u2019\u00eatre humain acc\u00e8de \u00e0 son humanit\u00e9. Il faut la reconnaissance d\u2019une transcendance irr\u00e9ductible. Pas le corps comme contenant de l\u2019\u00e2me comme dans le dualisme, mais le corps comme lieu de la vie.<\/p>\n<p><strong><em>3. Imiter J\u00e9sus <\/em><\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9action de J\u00e9sus et la suite du r\u00e9cit montre que par le geste qu\u2019il pose, J\u00e9sus change la mani\u00e8re de vivre des humains ; il bouleverse l\u2019\u00e9chelle commune des valeurs sociales et morales. En lavant les pieds de ses disciples, J\u00e9sus leur dit : \u00ab Vous m\u2019appelez Seigneur et ma\u00eetre&#8230; \u00bb. Quel est le changement ? Je vois trois \u00e9l\u00e9ments : la pr\u00e9sence \u00e0 autrui, le service d\u2019autrui et enfin le pardon.<\/p>\n<p><strong>3.1. Le service d\u2019autrui <\/strong><\/p>\n<p>Ne pas vivre pour soi seul. \u00ab <em>Vous devez vous laver les pieds les uns les autres <\/em>\u00bb. Une exigence d\u2019action. Cette exigence d\u2019action n\u2019est pas sans \u00eatre une \u0153uvre de raison. Mais le geste dit l\u2019attitude de celui qui est au pied &#8211; signe d\u2019humilit\u00e9 dit par le mot \u00ab valet de pied \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019image ne dit pas la destruction de soi, mais la position juste pour faire \u0153uvre bonne. Il s\u2019agit de faire \u00ab \u0153uvre bonne \u00bb. Le mot \u0153uvre est un des mots essentiels dans l\u2019\u00e9vangile de Jean. C\u2019est le concret de la situation qui est pris en compte. C\u2019est le primat de l\u2019humanit\u00e9 dans ce qui est accompli. Cela commence par le respect.<\/p>\n<p><strong>3.2. La pr\u00e9sence \u00e0 autrui <\/strong><\/p>\n<p>Une premi\u00e8re explicitation advient dans le dialogue avec Pierre. \u00ab <em>Si je ne te lave pas, tu n\u2019auras pas part avec moi<\/em>. \u00bb L\u2019expression \u00ab avoir part \u00bb me semble devoir \u00eatre entendue non comme une r\u00e9compense \u2013 partager le gain, le profit, le butin&#8230; mais la pr\u00e9sence mutuelle. Ce qui est le plus important dans la demande que l\u2019on adresse \u00e0 l\u2019autre. Les manifestations, les soir\u00e9es, les acad\u00e9mies, les clubs sportifs&#8230; Le plus important est la pr\u00e9sence mutuelle dans une action commune. La voie est ce qui rompt avec la terrible solitude qui enferme dans le d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9sence n\u2019est pas pouvoir sur autrui \u2013 comme dans toute organisation humaine, fut-elle parfaitement agenc\u00e9e. C\u2019est une pr\u00e9sence qui tient \u00e0 distance et avec r\u00e9serve. Elle laisse vivre ; elle laisse \u00eatre, sans r\u00e9serve et sans mesure.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas une pens\u00e9e qui calcule, pr\u00e9voit, d\u00e9finit des r\u00f4les et des fonctions comme font les hommes d\u2019affaires, les politiques et les administrateurs. Ce n\u2019est pas non plus chantage affectif : c\u2019est laisser un espace pour qu\u2019un autre soit ce qu\u2019il est appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre. Cette est-elle donn\u00e9e \u00e0 tous pour cette avanc\u00e9e en humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>3.3. Le don et le pardon <\/strong><\/p>\n<p>Et Judas ? Question : Pourquoi J\u00e9sus laisse aller Judas ? Difficult\u00e9 : J\u00e9sus aurait laiss\u00e9 faire ? Pour quelle raison ? Faiblesse en ce sens que J\u00e9sus abandonne toute lutte contre la pesanteur des choses et des situations ? Ou bien, par forme de d\u00e9sespoir : laisser faire pour que l\u2019on en finisse vite ? Ou bien, par renoncement \u00e0 intervenir dans la vie des autres et pour les abandonner \u00e0 leur pesanteur \u2013 fut-ce si elle les entra\u00eene au pire ?<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre le signe infini du respect d\u2019autrui quel qu\u2019il soit devenu sur son chemin. Ce serait une facilit\u00e9 d\u2019agir par force ou par ruse.<\/p>\n<p>Mais peut-\u00eatre quelque chose d\u2019autre, de plus triste encore. Le bien n\u2019est pas contagieux. Le bien ne convainc pas. Il est pris par l\u2019adversaire comme une faiblesse dont il faut profiter. Le bien est au contraire comme ce qui ouvre les vannes o\u00f9 d\u00e9ferlent les forces du mal.<\/p>\n<p>La voie est un combat contre les forces d\u2019inhumanit\u00e9. C\u2019est la nuit ! Judas s\u2019en va parce qu\u2019il est dans une conception du messianisme qui reste dans le cadre de la puissance des institutions et des armes et qu\u2019il ne voit dans ce que fait J\u00e9sus que motif \u00e0 nourrir sa col\u00e8re. Cette col\u00e8re est la fin de la possibilit\u00e9 d\u2019une communication : on ne peut n\u00e9gocier ! La voie est perdue. Il est impossible de faire quoi que ce soit en humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette situation a un \u00e9cho dans une autre parole de J\u00e9sus : \u00ab Ne pas juger \u00bb ! Cette exigence n\u2019est pas un appel \u00e0 vivre dans la confusion ni dans le d\u00e9ni de la r\u00e9alit\u00e9. Ce n\u2019est pas l\u2019indulgence qui dit \u00ab ce n\u2019est rien \u00bb de ce qui est grave. Ce n\u2019est pas la fuite \u00e9go\u00efste du conflit. C\u2019est savoir qu\u2019\u00e0 travers toute d\u00e9tresse demeure une personne.<\/p>\n<p><strong><em>*** <\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le petit livre \u00ab imitation de J\u00e9sus-Christ \u00bb a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le mouvement de conversion des intellectuels catholiques du XXe si\u00e8cle. Je l\u2019ai relu ces temps derniers. J\u2019ai vu que ce livre s\u2019inscrit dans une vision tragique de l\u2019existence comme soumise \u00e0 la force du p\u00e9ch\u00e9 et la religion promue est rong\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur par la conscience du p\u00e9ch\u00e9. Corr\u00e9lativement c\u2019est un appel \u00e0 la p\u00e9nitence. Ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019un aspect du message chr\u00e9tien car il reste dans la logique de la Loi. Parler de la voie \u00e9carte du cercle vicieux de la culpabilit\u00e9. La voie n\u2019est pas une loi. Plus encore, si J\u00e9sus est la voie, alors la marche du chr\u00e9tien est une participation \u00e0 son itin\u00e9raire. La parole de J\u00e9sus transmise par l\u2019\u00e9vangile de Jean recoupe les expressions de Paul qui ne cesse de dire que la vie nouvelle est \u00ab dans le Christ \u00bb. Le Christ n\u2019est pas seulement un ma\u00eetre ; il est celui en qui le chr\u00e9tien peut vivre d\u2019une vie d\u2019enfant de Dieu. Le chr\u00e9tien peut donc invoquer Dieu en ayant l\u2019audace de l\u2019appeler \u00ab P\u00e8re \u00bb. L\u2019horizon de la vie est de devenir enfant de Dieu. La voie est donn\u00e9e \u00e0 tous pour cette avanc\u00e9e en humanit\u00e9, cet ach\u00e8vement de la cr\u00e9ation.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La Voie, la V\u00e9rit\u00e9 et la Vie \u00bb \u00ab Je suis la Voie, la V\u00e9rit\u00e9, la Vie \u00bb (Jn 14,6), tel est le th\u00e8me de notre s\u00e9rie de conf\u00e9rences pendant la c\u00e9l\u00e9bration du myst\u00e8re du salut, les trois jours o\u00f9 nous faisons m\u00e9moire de la passion, de la mort et de la r\u00e9surrection de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-1792","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-conferences22"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1792","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1792"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1792\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2025,"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1792\/revisions\/2025"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1792"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1792"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.domtourelles.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1792"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}